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SOUVERAINETÉ

Une capacité que l'on ne peut ni localiser, ni auditer, ni interrompre soi-même n'est pas une capacité nationale.

La donnée administrative d'un État est un actif stratégique : elle dit qui sont ses agents, ce que ses institutions décident, comment ses ressources circulent. Cette page expose ce que l'infrastructure protège, ce qu'elle refuse de faire, et ce que nous nous interdisons d'affirmer.

LE PRINCIPE

Une administration garde ses données, ses clés et son autorité.

La plateforme fournit l'identité, le transport, la traçabilité et les outils de travail. Elle n'est jamais propriétaire du dossier administratif, et son retrait ne rend aucun document illisible. La sécurité informationnelle ne se pense plus comme un périmètre à défendre, mais comme une chaîne de dépendances à maîtriser : où s'exécute le code, où réside la donnée, qui détient les clés, qui peut interrompre le service.

CE QUE L'INFRASTRUCTURE PROTÈGE

  • L'intégrité de l'identité

    Un État qui ne peut pas établir avec certitude qu'une personne est bien celle qu'elle prétend être ne peut sécuriser ni sa fonction publique, ni ses frontières, ni ses prestations. La vérification est entièrement souveraine : les modèles d'analyse sont embarqués dans une infrastructure maîtrisée, et ni image de document, ni gabarit facial de citoyen gabonais n'est transmis à un tiers, à aucun moment.

  • La décision humaine au niveau le plus fort

    Le niveau de garantie le plus élevé n'est délivré qu'après un entretien vidéo avec un agent habilité, en salle chiffrée, avec décision consignée. La machine propose, l'État dispose. Une tentative d'usurpation détectée entraîne un rejet automatique quels que soient les autres résultats, et tout cas incertain part en revue humaine plutôt qu'en acceptation.

  • La traçabilité opposable

    Le journal d'accès est conçu en ajout seul : aucune fonction du système ne permet de modifier ni de supprimer une entrée. Plus de quarante types d'événements sont typés — authentification, consultation de dossier, contrôle d'identité, modification de droits, révocation de consentement, tentative de captation d'identité — chacun portant son auteur, son origine et son horodatage.

  • La protection contre la captation d'identité

    Une identité créée au guichet ne peut être revendiquée qu'avec un code à usage unique, conservé sous forme d'empreinte, expirant, à tentatives plafonnées et avec verrouillage. Connaître un numéro d'identification imprimé sur une carte ne suffit pas à s'emparer d'une identité. Les échecs répétés sur une même identité sont journalisés comme signal spécifique.

  • Des communications qui ne sortent pas de l'État

    Courrier administratif, messagerie interne, annuaire institutionnel, appels et réunions fonctionnent sur infrastructure maîtrisée. Le point aveugle le plus fréquent n'est pas l'effraction : c'est l'usage. Aucun pare-feu ne corrige un agent qui transmet un projet d'acte par une application de messagerie personnelle, parce que l'État ne lui en a pas fourni d'autre. Une interdiction sans substitut n'est jamais respectée ; un substitut plus commode rend l'interdiction superflue.

  • Le secret administratif face à l'IA

    L'assistant affiche à l'agent l'objet réel des courriers et dossiers, mais ne transmet jamais cet objet au modèle de langage : la vue servie à l'intelligence artificielle est caviardée, la phrase utile est composée par le serveur, et l'historique de conversation ne rejoue pas les objets. Trois barrières indépendantes, appliquées par défaut en mode fermé. Le secret administratif ne dépend pas de la bonne volonté d'un fournisseur de modèle.

Une traçabilité qui protège dans les deux sens

Le même journal établit l'imputabilité de l'agent — utile en matière de menace interne et de contrôle hiérarchique — et la protection du citoyen, qui consulte l'historique des accès à son propre dossier et reçoit une notification immédiate lorsque son identité est présentée à un contrôleur. Un dispositif de traçabilité qui ne bénéficie qu'à l'administration est contesté ; celui qui bénéficie aussi à la personne est accepté, donc effectif.

CE QUE LA PLATEFORME NE FAIT PAS

Un outil dont les limites ne sont pas écrites est un outil dont l'usage sera un jour contesté. Poser ces limites protège l'État autant que le citoyen, et conditionne la solidité juridique des actes produits.

  • Interception de communications privées

    Absente du produit et hors de son objet. La plateforme sécurise les communications de l'administration, sur des comptes professionnels, dans un cadre de service public.

  • Recherche biométrique de masse (un-vers-plusieurs)

    N'existe pas. La reconnaissance faciale est employée exclusivement en comparaison un-à-un entre un document et son porteur, au moment d'une vérification sollicitée par la personne.

  • Profilage politique, syndical, ethnique ou confessionnel

    Exclu. La loi gabonaise range ces données parmi les données sensibles, et l'autorité de protection a déjà sanctionné un fichage délibéré de cette nature.

  • Agrégation de dossiers entre administrations sans base légale

    Architecturalement empêchée : chaque administration reste détentrice de sa donnée, et l'interconnexion de fichiers est soumise à autorisation préalable de l'autorité de protection.

  • Exploitation secondaire des données par l'éditeur

    Interdite par contrat et par conception. Les seules données techniques transmises à l'éditeur sont des compteurs pseudonymisés, sans contenu ni identifiant nominatif.

CONTINUITÉ ET NON-DÉPENDANCE

Une infrastructure d'État doit continuer de fonctionner quand son fournisseur est injoignable, en litige, ou soumis à une décision étrangère. Ces garanties sont inscrites dans le produit, non dans une promesse commerciale.

  • Aucun arrêt à distance

    Le format d'échange rejette à la validation tout paramètre d'interruption, de désactivation de nœud ou de commande distante. La garantie est appliquée par le code, pas seulement écrite.

  • Fonctionnement en réseau coupé

    Les droits d'usage sont mis en cache avec période de grâce ; le travail local continue, les échanges se remettent en file et se rejouent sans double effet au retour du réseau. Dans un pays dont la connectivité est inégale, un système exigeant une liaison permanente n'est pas déployable là où il serait le plus utile.

  • Réversibilité

    Export en formats ouverts à tout moment ; le retrait d'un module laisse les dossiers lisibles, classables et exportables. La procédure de restitution est contractualisée.

  • Séquestre du code

    Dépôt du code compilable, libéré en cas de défaillance ou de refus de maintenance du fournisseur, avec droit de continuité interne.

  • Rapatriement sans reconstruction

    Mêmes conteneurs, mêmes interfaces, mêmes données : le passage à une infrastructure nationale est un déplacement d'exécution, non une reconstruction. C'est ce qui permet à l'État de décider du calendrier sans être prisonnier d'une architecture.

CE QUE NOUS N'AFFIRMONS PAS

Par souci d'exactitude devant l'autorité publique et devant les personnes. La crédibilité d'un dispositif technique se mesure à ce qu'il refuse d'affirmer.

  • La signature n'est pas une signature qualifiée

    Ce qui est produit est une attestation cryptographique vérifiable par un tiers, non une signature qualifiée au sens réglementaire — aucun prestataire de certification n'étant à ce jour agréé au Gabon, faute du décret d'application de la loi n° 025/2021.

  • Le numéro d'identification personnel est déclaratif

    Son adossement au registre biométrique national suppose une convention avec l'administration détentrice de ce registre et de l'état civil.

  • Aucun taux de performance biométrique n'est avancé

    Aucun chiffre de performance ne sera publié tant qu'une campagne de calibrage sur documents réels gabonais n'aura pas été conduite. Un taux mesuré ailleurs, sur d'autres documents, ne dit rien de ce qui se passera ici.

  • Aucun taux de disponibilité n'est garanti à ce jour

    Un engagement de niveau de service se mesure sur une période d'exploitation réelle et se contractualise avec l'autorité publique. Les indicateurs constatés seront publiés dès que l'exploitation en régime nominal le permettra, y compris lorsqu'ils seront défavorables.

La souveraineté ne se décrète pas dans un contrat : elle se vérifie.

Nous proposons que chaque garantie énoncée sur cette page fasse l'objet d'un test de réception exécuté devant l'administration : démarrer la plateforme réseau coupé, désinstaller un module et constater que les dossiers restent lisibles et exportables, reconstruire le socle depuis les sources remises sur une infrastructure vierge. Ce qui ne se prouve pas ne devrait pas être acheté.

FONDEMENTS JURIDIQUES

Ces références sont reproduites telles que publiées au Journal officiel de la République Gabonaise, afin que chaque affirmation de cette page puisse être vérifiée directement par les services compétents.

Constitution du 19 décembre 2024, art. 14 al. 4
Protection de l'intimité de la vie privée à l'égard des traitements informatiques.
Loi n° 001/2011 du 25 septembre 2011, modifiée par la loi n° 025/2023 du 9 juillet 2023
Protection des données à caractère personnel : autorisation préalable pour la biométrie et l'interconnexion de fichiers (art. 81), encadrement des transferts (art. 87 et 88), sanctions (art. 199 à 204).
Loi n° 025/2021 du 28 décembre 2021
Transactions électroniques : force probante et scellement (art. 40, 65, 70, 71), horodatage (art. 42 et 97), conservation minimale de dix ans (art. 78 et 80), copie hébergée sur le territoire national (art. 138).
Loi n° 027/2023 du 11 juillet 2023
Cybersécurité et lutte contre la cybercriminalité : standards de sécurité imposés aux organisations publiques et privées, régime de la cryptologie (art. 47 à 62).
Ordonnance n° 0006/PR/2025 du 11 août 2025
Digitalisation en République Gabonaise : souveraineté (art. 6), confidentialité, intégrité, disponibilité et authenticité des données (art. 10), interconnexion obligatoire des administrations (art. 18).
Ordonnance n° 0011/PR/2026 du 26 février 2026
Réseaux sociaux, plateformes numériques et intelligence artificielle : interdiction des contenus falsifiés, sanction de l'usurpation d'identité par voie technologique.
Convention de Malabo
Convention de l'Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel — ratifiée par le Gabon le 17 octobre 2024.
Avis motivé n° 026/APDVP du 14 novembre 2023
Grille d'exigences applicable aux traitements biométriques d'État : précision des données collectées, limitation des accès par profil, authentification renforcée, interdiction du stockage non sécurisé.